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Couscous géant et raclettes du monde : les fêtes de village remettent la table au centre du jeu

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Couscous géant et raclettes du monde : les fêtes de village remettent la table au centre du jeu

Photo: John Phelan, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Dans le Gers, la fête locale n'a plus tout à fait le goût d'avant — et c'est tant mieux. Là où trônait jadis un unique méchoui, on trouve désormais trois services : un couscous monté par l'association des familles, une paella cuisinée sur place par les nouveaux arrivants espagnols, et la traditionnelle daube de la chasse, servie avec le même amour qu'en 1975. Trois cuisines, une seule tablée de quarante mètres.

La recette d'une fête qui ne vieillit pas

Le constat de départ était partout le même : les fêtes de village vieillissaient avec leurs organisateurs. Comités des fêtes aux effectifs fondus, jeunes partis en ville, nouveaux habitants qui ne connaissaient personne et n'osaient pas s'inviter. Alors certains villages ont eu l'idée la plus simple du monde : remplacer le banquet fermé par le repas partagé, où chacun apporte un plat, une recette, un bout de son histoire.

Le résultat dépasse les espérances des organisateurs. À Saint-Bonnet-près-Riom, la « raclette du monde » — fromage fondu oblige, mais garnitures venues de tous les horizons — a réuni plus de deux cents personnes l'an dernier, dont la moitié n'avaient jamais mis les pieds au comité des fêtes. Dans les quartiers de Toulouse ou de Nantes, les fêtes de voisins ont muté en véritables banquets de rue où le tajine de la voisine du troisième a la réputation qu'on réservait jadis au gratin dauphinois de mamie.

Manger ensemble, c'est déjà s'organiser ensemble

Il y a une mécanique sociale dans la marmite collective. Cuisiner pour quarante inconnus, c'est accepter qu'on vous juge ; goûter le plat du voisin, c'est lui donner une chance. Les associations locales l'ont bien compris : ces repas sont devenus la porte d'entrée de la vie associative, le moment où l'on recrute les bénévoles de demain, où l'on glisse un mot sur la maraude du samedi, sur le cours de français du mardi.

Les mairies qui soutiennent ces initiatives — prêt de barnums, aide logistique, subvention pour le pain — font souvent d'une pierre plusieurs coups : lien social, rayonnement du bourg, et parfois même quelques recettes reversées à l'école ou au club de foot. La table, ce bon vieux raccourci de la solidarité, n'a pas pris une ride.

Et l'année prochaine ?

La tendance ne fait que commencer. On voit émerger des « fêtes des saveurs d'ici et d'ailleurs », des repas zéro déchet où l'asso locale prête la vaisselle réelle plutôt que le plastique jetable, des banquets intergénérationnels où les jeunes tiennent la sono pendant que les anciens surveillent la cuisson. La formule s'adapte, se réinvente, mais garde son principe : personne ne mange seul.

Alors si votre village ou votre quartier prépare sa fête d'été, ne vous contentez pas d'y aller pour le bal. Demandez ce que vous pouvez apporter à la table. C'est peut-être votre plat qui fera venir la famille du fond de la rue — et c'est peut-être autour de la marmite que tout se jouera.

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